10 mars 2008
Un vilain petit arabe
Il était une fois un petit enfant gros, arabe, avec des boutons et pas très bon à l'école.
Il se promenait dans la cour de recréation. Tout seul.
Tout seul.
Les filles n'aimaient guère sa compagnie : ses boutons n'étaient pas vraiment agréables à regarder ; et puis, il sentait pas bon, pisque les gros transpirent souvent beaucoup.
Quant aux garçons, c'était pas mieux ! Il jouait très mal au foot, et discutait rarement. Jamais une blague ; jamais une histoire.
Les intellos ne voulaient pas rester avec lui parce qu'il avait de trop mauvaises notes.
Les cancres avaient une réputation à défendre. Oser l'approcher était risqué : une jolie fille pouvait le voir et le raconter. Ce serait la honte !
En plus, les enfants des parents de droite le traitaient de sale arabe…
Pas les enfants des parents de gauche. Ils le pensaient quand même, mais leurs parents leur avaient dit qu'insulter un arabe, c'est mal. Ils n'avaient pas précisé pour les gros et les boutonneux…
Alors, c'était pas super génial.
Mais de toute façon, le petit garçon s'en fichait un peu, parce qu'il était pas très intelligent, qu'il n'aimait ni parler ni raconter des blagues ni jouer au foot.
Embrasser les filles, il trouvait ça dégoutant.
En plus, personne ne pouvait le taper : il était trop costaud. Et pis, il avait pas à partager ses bonbons ; enfin bref, il marchait.
En fait, il était content.
Mais il fallait pas pousser mémé quand même, hein dites donc ??!!
Il était content, et il marchait et il souriait.
Et pis, trois petits garçons de sa classe passèrent ; le croisèrent.
Ils rigolaient.
Le premier s'avança et dit :
_T'es gros et tu sens mauvais !
Le second, s'approcha à son tour :
_T'es moche et t'as des boutons !
Le troisième :
_T'as des mauvaises notes. C'est parce que t'es débile.
Ca énervait un peu le petit garçon. Alors il arrêta de sourire.
Il ouvrit soudain son petit sac à dos , y rangea ses bonbons, et en sortit un grand, grand couteau !
Ben dites donc, ils avaient peur, les trois méchants… !
Mais avant qu'ils aient le temps de dire « ouf » le gros enfant leur trancha la gorge.
Ils ne criaient pas trop parce que le sang jaillissait vite de leur cou ouvert. Ils étouffaient, et tombaient à la renverse, l'un après l'autre.
Bientôt, ils ne firent plus de bruit ; ils ne gesticulaient plus, d'ailleurs. Ils s'endormirent donc dans leur grande mare rouge clair, après un dernier râle.
C'était trop rigolo !
Et le petit gros garçon arabe riait, riait !!!
Il rangea le couteau dans son sac et en sortit les bonbons.
Puis il se souvint qu'il fallait toujours pardonner.
Alors il se retourna vers les anciens petits garons devenus des steaks tartares.
Il les regarda un peu, et leur pardonna, avant de reprendre sa route.
