22 septembre 2008
Spleen City
J'ai passé une journée drolement bizarre. J'ai d'abord cru à l'automne ;
Le changement de luminosité, le contre coups de l'été à tous les niveaux. J'ai tourbillonné toute la journée comme une feuille de colchique solitaire.
Tantôt de l'administratif, tantôt de l'inaction pure. Un coup je pense à ma vie, un coup à demain. Un coup de déprime, un coup de mieux.
Une journée comme quatre et pourtant assez lente. Je regoute à la solitude en piétinant vainement, comme un ex taulard qui retrouve la liberté sans savoir s'en servir.
Et je regarde un film.
Et quand on sort d'un film , des fois, on est comme dans un film.
On trouve nos propres scènes belles, on est audacieux dans nos attitudes, dans nos dialogues, on fait un peu attention aux éclairages, on s'imagine des choses et bien souvent on les réalise pour de vrai. On a l'impression que l'auditeur est sur la même longueur d'ondes, alors qu'en fait, il sort de la douche. Toujours ce décalage ou presque. Parce que les très rares fois où il n'y a pas ce décalage, on passe des moments forts.
Et pour l'instant je passe un moment qui gagne à l'être.
Et quand je sors il fait nuit, j'avais pas prévu de sortir, mais je dois rendre le film et après je dors.
Et puis, je rencontre un mec que je connais vaguement et dont je me contrefous, mais j'ai très envie d'une belle scène, et j'ai des bons dialogues, mais ça prend pas , evidemment. Le contexte est le coefficient de la personnalité, alors on fait jamais le même numéro. Et ce numéro là , j'étais à ce moment le seul à le connaitre, bien sur.
Bin du coup, je rentre plus , j'ai envie d'errer, mais pas comme aujourd'hui, errer en le faisant exprès. Et envie d'être ennivré et de boire une bière. Ou de rencontrer des gens, oui c'est ça ;
Ca m'arrive jamais, ça. Je sors tellement souvent , par habitude. Mais c'est peu fréquent d'avoir cette pulsion là. Et ça fait tellement longtemps que je n'ai pas eu de rencontrer des gens. Tiens, des Erasmus, c'est bien ça. Ou des gens chez qui je passerais la nuit. Des nouveaux amis ; des amis pour l'année ; des amis pour la semaine, ou le café de demain matin ; des nouvelles têtes, des gens vachement bien.
J'ai peur de tomber sur des gens qui ne plaisent pas, ça me parait inévitable ce soir.
Mais malgré le contexte j'appelle des gens , car j'ai envie de faire profiter mon film à quelqu'un. Mes meilleurs amis ont déménagé, c'est les premiers que je voulais appeler.
Tant pis ; c'est rare de ressentir clairement un manque , du moins, c'est rare chez moi.
Et j'appelle, beaucoup. Personne n'est disponible ou opé ou enthousiaste ou enthousiasmable , je continue de tourbillonner au milieu d'une place bondée pour la nuit, toujours aussi solitaire, mon téléphone à la main, ayant comme seul interlocuteur des répondeurs, laissant des messages surréalistes à qui ne fait pas partie du film c'est à dire tout le monde.
J'appelle 10 , 20 personnes, parceque j'en ai besoin d'une, j'en appelle des improbables, des que j'ai pas vu depuis des mois, des années mêmes, et je tourne et finalement, je marche, j'avance un peu et je me rends.
Je me dissuade, je me résigne.
A l'heure où j'écris , je n'ai même plus envie d'une bière, je vais rentrer chez moi, dormir, me réveiller et partir à la fac . Et je regrette , une nouvelle fois, que les moments intenses de la vie ne soient qu'un feu de paille . Je prie pour que de temps en temps, ils soient longs, et à deux.
31 août 2008
One country for old man
Train Arcachon-Bordeaux. Un vieux monsieur à son petit fils :
_ Regarde, là , le joli poulain !
_ Ooh, oui, j'adore les poulains !!! [...]
_ On en voit des choses à la campagne, hein ? C'est quand même pas comme à Saint Cloud !?
_ Ouiii, c'est bien la campagne. [...] Arcachon, c'est la campagne ?
_ Oui, regarde les arbres....mais pas seulement. Y'en a autre part , de la campagne.
_ Ben, non , la campagne, c'est à Arcachon !
_Non, non, non, voyons ! Y'en a aussi un peu partout en France !
22 août 2008
sans objet
Tout bien réfléchi : je reste, Julien Lepers.
Je ne puis me résoudre à quitter le monde des vivants, alors qu'il y a un blog à entretenir.
sans objet
Le suicide virtuel à ceci d'interessant qu'il ouvre des perspectives.
insaisissable
Je me rappelle quand, tout petit, je cherchais absolument à rester éveillé et conscient jusqu'au moment précis de l'endormissement. Je voulais à tout prix voir à quoi ça ressemblait ; je brulais de curiosité et d'impatience. Je me demandais la teneur de cette sensation limitrophe et inconnue qui précède à peine le basculement.
Persuadé de pouvoir y arriver, et convaincu de me rapprocher chaque nuit de l'instant T, je perseverais.
Evidemment, je n'y suis jamais parvenu. Et tous les matins, je me réveillais déçu d'avoir encore échoué.
20 août 2008
Crier au loup
Je déconne, je déconne , mais le jour où ça arrive, on ne me croit plus.
Dum perdere, vita transcurrit
Pour l'instant , je remets à plus tard. Mais ma décision est prise. Je ne reviendrais pas dessus.
20h59
Au fait, tout ça ne résoud point mes problèmes d'automeurtre imminent :
1 Que faire ?
2 Si je le fais , comment le fais-je ?
3 Que dire avant ?
4 A qui distribuer mon patrimoine ? comment le répartir ? Le répartir ? Le distribuer ?
Big Brother
M'est avis que la Pistache doit pas être bien loin de tout ça...
objets
Tiens, comment je vais m'organiser pour mon "heritage".
J'ai pas pensé à ça, ça mérite réflexion.
Mes CD, mes films, mes meubles, mes livres, mes fringues ... ? pas la peine, mes fringues.
Emmaus ? nooooonnn.
Merde ! comment j'fais ?
